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Après la Grèce, les Etats-Unis ?

11 juillet 2011 lu 8 994 fois 18 commentaires

Article publié dans Libération du 11 juillet 2011

Ben Bernanke n’en dort plus la nuit.

Il a beau retourner le problème dans tous les sens, le Président de la Banque centrale des Etats-Unis ne voit pas comment son pays peut éviter la récession. Le PIB n’a augmenté que de 63 milliards au premier trimestre 2011 alors que la dette publique a augmenté de 380 Mds en trois mois. Aucun média n’a mis en parallèle ces deux chiffres (heureusement ! car cela aurait peut-être provoqué la panique des marchés et des consommateurs) mais c’est le rôle d’un banquier que de regarder parfois le rendement de ses investissements. Ce rendement est catastrophique : il faut 380 Mds de dette nouvelle pour obtenir 63 Mds de PIB supplémentaire. De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance !

La première économie mondiale est comparable à une voiture, qui a besoin d’un litre d’huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser. D’autant que la réserve d’huile est bientôt vide : comme les investisseurs privés se détournent des Bons du trésor émis par le gouvernement, la Banque centrale a du acheter 85 % des Bons émis depuis huit mois et créer pour ce faire 600 milliards de dollars ex-nihilo. Pour quel résultat ? En mai, la consommation des ménages a baissé pour le deuxième mois consécutif. Malgré des politiques budgétaire et monétaire exceptionnellement favorables, les Etats-Unis sont en train de retomber en récession.

En Chine, la bulle se dégonfle

Hélas, l’autre moteur de la croissance mondiale risque de caler, lui aussi : en Chine, la bulle immobilière commence à se dégonfler. Cette bulle a atteint une taille double du maximum atteint aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. Fin 2008, pour éviter la récession, le gouvernement chinois a demandé aux banques d’accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient. En un an, on a injecté dans l’économie 44% du PIB (30 % par le crédit privé et 14% par la dette publique). Dans toutes les grandes agglomérations, on a construit, construit, construit… Partout, il y a pléthore d’immeubles vides. En quelques semaines, le marché peut passer de l’euphorie à la panique. En avril déjà, les prix de l’immobilier ont baissé de presque 5 %. C’est la première baisse en 20 ans. Ce n’est pas la dernière. On a vu en Espagne ce que donne l’éclatement d’une telle bulle : le chômage a triplé en trois ans. Que va-t-il se passer en Chine où il y a déjà 20 % de chômage et où les émeutes sociales sont de plus en plus violentes ?

Bernanke n’en dort plus la nuit. Hier soir, il a vu les images des manifestations en Grèce. Les USA connaîtront-ils bientôt de telles émeutes ? Le déficit de la Grèce est de 10 % du PIB. Celui des Etats-Unis atteint 11 %… Comment a-t-on pu en arriver là ? En 2008, quand Lehman Brothers est tombé, tous les dirigeants de la planète affirmaient que nous vivions une crise historique et qu’il fallait d’urgence inventer un nouveau modèle de développement. Hélas, trois ans plus tard, rien n’a changé. Joseph Stiglitz a raison : « On s’est contenté de déplacer les fauteuils sur le pont du Titanic.« 

Que faut-il faire ? Bernanke ne sait pas ! La situation est critique mais il ne voit pas de solution. Il l’a avoué publiquement le 23 juin : « nous n’avons pas de lecture précise de la persistance du ralentissement de l’économie.» Voilà qui est rassurant ! Coup sur coup, le président de la Banque centrale américaine explique que la croissance est « désespérément lente » et avoue qu’il ne comprend pas précisément ce qui se passe…

Damned if you do. Damned if you don’t.

Ils sont de plus en plus nombreux à penser que la situation est critique mais sans parvenir à imaginer la voie de sortie. Il y a un an, Nouriel Roubini a publié un livre dans lequel il affirmait que nous allons vers une crise majeure à cause du poids de la dette publique. « Pour limiter la dette publique, faut-il faire des plans de rigueur ? » lui demandait alors une journaliste. « Des plans de rigueur ? Damned if you do. Damned if you don’t » répondait l’ancien conseiller de Clinton. « On est damnés si on les fait. Damnés aussi si on ne les fait pas. « 

La peste ou le choléra ? Faut-il continuer les plans de relance jusqu’à être écrasés par le poids de la dette ou stopper ces plans et retomber très vite en récession ? Comment sortir de ce dilemme ? Pourquoi tous nos pays sont-ils devenus dépendants à la dette ? Pourquoi nos économies vont-elles retomber en récession si on les prive de leur drogue ?

Bernanke a l’explication sous les yeux mais il ne la voit pas : c’est en analysant les statistiques de la Réserve fédérale pour les 60 dernières années qu’on comprend les causes profondes de cette addiction à la dette.

Jusqu’en 1981, le ratio dette / PIB était parfaitement stable. L’économie n’avait pas besoin de dette pour croître régulièrement. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Ce « compromis fordiste » a permis aux Etats-Unis de connaître 30 ans de stabilité. Sans dette.

Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui augmente la dette publique. La dette augmente surtout parce que, dans un contexte de gains de productivité élevés, les politiques de dérégulation amènent à une précarité très grande et à la baisse de la part des salaires dans le PIB. C’est à partir de là que des millions d’Américains commencent à s’endetter pour maintenir leur niveau de vie.

Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires qui représentait 67 % du PIB en 1982 n’en représente plus que 57 %.

Partout, la peur du chômage a fortement déséquilibré la négociation sur les salaires : « Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs. » Dans un contexte de chômage de masse, quel salarié peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut « donner sa démission » en espérant trouver assez vite un autre emploi ? La peur du chômage est dans toutes les têtes. Cette peur a profondément déséquilibré la négociation et la part des salaires est tombée à un plus bas historique.

35.000 milliards. Le hold-up du siècle !

Une baisse de 10 % du PIB dans les 15 pays les plus riches de l’OCDE ? Au total, ce sont quelques 35.000 milliards de dollars qui auraient du aller aux salariés et qui sont allés vers les marchés financiers. 35.000 milliards détournés en 30 ans… C’est le hold-up du siècle ! Pendant des années, l’économie n’a continué à croître que parce qu’on distribuait par la dette le pouvoir d’achat qu’on ne donnait pas en salaire : « Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002″ explique Patrick Artus. En poussant les ménages à s’endetter, on a retardé la récession, mais la fuite en avant a ses limites.

Les racines de la crise financière, c’est 30 ans de chômage et de précarité. C’est à cause du chômage de masse que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dette. Le chômage n’est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l’une des causes premières. Pour sortir de notre dépendance à la dette, pour éviter l’effondrement, il faut donc s’attaquer frontalement au chômage. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu’on sortira de la crise.

Philadelphie avant Bretton Woods

En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods pour reconstruire le système financier, Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie qui adoptait comme priorité absolue le respect d’un certain nombre de règles sociales. « Le travail n’est pas une marchandise », « Il n’y aura pas de paix durable sans justice sociale » affirmaient Roosevelt et les autres chefs d’état avant de définir des règles très concrètes sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes… Des règles à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis 30 ans de prospérité sans dette.

En cet été 2011, alors qu’il est de plus en plus évident que, sans un changement radical de nos politiques, nous allons vers une deuxième crise qui sera bien plus grave que la première, nous devons nous attaquer de front à deux chantiers : mettre en œuvre de nouvelles régulations financières et construire de nouvelles régulations sociales.

C’est une question de volonté politique : en 1933, malgré l’opposition très vive des lobbies financiers, c’est en trois mois seulement que Roosevelt a fait voter le Glass Steagal Act. Les actionnaires des banques ont tout fait pour empêcher le vote de cette loi qui séparait strictement les banques de dépôt et les banques d’affaires, comme ils ont tout fait pour empêcher Roosevelt de taxer les plus hauts revenus (jusqu’à 91 % pour les tranches les plus élevées !) mais Roosevelt a tenu bon. Les catastrophes annoncées par les lobbies financiers ne se sont pas produites. Et l’économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle.

N’en déplaise aux néolibéraux, la justice sociale n’est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Au contraire ! Reconstruire la justice sociale est aujourd’hui la priorité absolue, le seul moyen de sortir de notre dépendance à la dette. Donner à tous un vrai emploi et un vrai revenu est le seul moyen de sortir du dilemme de Roubini (Damned if you do, damned if you don’t). Le seul moyen d’éviter un effondrement de nos économies.

Pierre LARROUTUROU

Il vient de publier Pour éviter le Krach ultime, préface de Stéphane Hessel

18 Commentaires »

  • 1 actualité qui rend urgent 1 vraie politique écolo ! said:

    [...] pu le voir en Islande et via les attentes des espagnols, grecs et autres européens indignés…Après la Grèce le reste du monde ? * LA SECHERESSE : 1 crise écologique parmi d’autres…On pourrait ne pas prendre au [...]

  • Francisco said:

    Bonjour
    Ce que je viens de lire là n’est en rien une nouveauté..puisque « aficionado » des sites de Jorion et de Lordon, ces analyses sont assez bien connues.. Les analyses étant faites, reste maintenant à proposer..
    Et puisque « Kairos », c’est le moment opportun..il serait plus que temps de reprendre les propositions de base de ces deux sites pour essayer de « sauver » ce qui est encore sauvable!!! Et il y aura en plus, en même temps, l’énorme problème écologique que tout le monde fait semblant d’oublier dans les médias!!!

    Allez un très beau poème anglais ici par Lavilliers, pour encourager votre site (que je viens de découvrir)…
    http://www.youtube.com/watch?v=E1gDoZpl7Fk

    Chris

  • Fagot-Barraly said:

    Je lis toujours et avec grand interêt les analyses pertinentes de P Larrouturou . Je regrette seulement qu’il ne soit pas plus écouté .
    Le parti socialiste où il était adherent n’a rien compris a ce qu’il disait et l’a laissé partir . Ce qui est dommage, me semble-t-il, c’est que chez les verts il ne soit ,pas plus écouté là non plus .

    Un jour viendra ,peut-etre , où il faudra bien reconnaitre qu’il avait raison sur toute la ligne et que les tenants du Shadow Banking
    seront mis hors jeu . Avant qu’il ne soit trop tard ,a nous de nous indigner mais ,comme cela ne suffira pas il faudra bien un jour ou l’autre SE REVOLTER et changer radicalement notre société . C’est urgent .

  • bourquelot said:

    bravo Larrouturou, mais qui dans le parti socialiste met la justice sociale avant la réduction de la dette, si ce n’est Ségolène Royal?

  • CAMBOURS said:

    Bonjour,

    Très bien votre diagnostic mais qui n’est,hélas,pas très nouveau.
    J’ai bien vu que Pierre Larrouturou était président du think tank Le Kairos.

    Mais il faudrait envoyer votre analyse à François Hollande et Martine Aubry.

    Je fais un rêve … un peu comme Martin Luther King,espérant que nos deux socialistes à la primaire vont en 2012 se sentir l’âme d’un Roosevelt en 1933 … pour entraîner la France et l’Union Européenne sur une autre voie que la néolibérale dérégulée.

    Bien entendu,pour ce faire,il ne faut pas être ce que j’appelle un socialiste de marché.Je serai gentil en ne donnant aucun nom.

    Bon courage dans votre combat
    A. CAMBOURS

  • PHILIPPE GAME said:

    Clair et pédagogique, même un ado peut comprendre le « schmilblik » expliqué ici, un concret que doivent absolument utiliser les partis de gauche car ici il ne s’agit pas d’incantations lesquelles relèvent plus souvent de la foi que de la raison ! Je ne comprends pas les discours – comptables et surabondants – dont l’esprit de synthèse n’est pas la vertu dominante ! Sans vouloir simplifier à l’extrême – ce qui est forcement complexe comme le souligne E. Morin – on s’écroule sous les nombres et les chiffres : pas dans votre article !
    La métaphore de l’huile et du moteur qui va exploser, résume avec clarté une situation vicieuse né du « there is not alternative » des ripoux Regan et Tatcher…et Sarkozy le dernier en date !
    Je côtoie un ex ministre PS auquel j’ai conseillé de trouver un autre « coluche » susceptible de rendre clair le discours actuel, l’humour par des slogans pointus et honnêtes – comme La Fontaine et ses morales en point final – seraient performants si le talent est présent !!!
    Merci à vous et bon courage… et vive la semaine de 4 jours…

  • RICHOU said:

    Dans ce contexte de guerre civile larvée entre les financiers et le reste du monde, l’affaire DSK, en faisant disparaître l’empêcheur de tourner en rond, prend tout son sens. Et pour qu’il continue à se taire on fait parler de lui tous les jours par les médias aux ordres. Au fait,pourquoi ne parle-t-on plus du tout de Georges Tron? Vous savez, ce ministre néolibéral sarkoziste accusé par plusieurs personnes de « viols en réunion »? Messieurs les journalistes, auriez-vous la curiosité sélective? Vous qui prétendez être indépendants? On sait pourtant à quel point les histoires de cul vous intéressent. Pas toutes?

  • Phil6610 said:

    Bonjour,

    Analyse plus que pertinente mais archi-connue. Ça ne sert plus à rien de fustiger les néocons et autres neolibéraux qui nous ont planté, maintenant qu’est ce qu’on fait? Les constats et analyses ne suffisent plus, un plan d’action chiffré et réaliste s’impose, peu importe qui de la gauche ou de la droite aura l’intelligence de s’y attaquer mais l’essentiel est d’être pragmatique, alors mesdames et messieurs les économistes et politiques faites preuve d’imagination!

  • PHILIPPE GAME said:

    … « peu importe qui de la gauche ou de la droite aura l’intelligence de s’y attaquer » me semble une attente – certes légitime – mais qui mélange sans nuance gauche et droite (l’idée et non qui prétend la porter)!
    PMF sollicitait la raison de ceux qui – éventuellement – n’avait pas de coeur en parlant de l’Afrique affamée qui ne laisserait pas le NORD (nous) terminer, lui, son repas : nous y arrivons !!!
    En simple, la gauche partage (mal parfois mais…) la droite : c’est un cheval et une alouette, comme l’explique très bien l’article et ce n’est pas un hasard si droite = conservateurs (même si quelques bobos méritent également cet adjectif)
    ARTE a produit un doc en 4 épisodes sur de Gaulle lequel apparaît in fine non pas à droite, non pas à gauche mais au dessus, un peu comme l’homme du pays qui s’élève au dessus du commun en devenant citoyen et qui ainsi ne vote pas pour SON intérêt mais pour le BIEN COMMUN ! Certes, le général avait des défauts (le sociétal) mais l’essentiel – le CNR – fut toujours l’objectif… alors, gauche ou droite : ce n’est pas pareil !!!

  • Phil6610 said:

    Qui pourra distinguer entre les carriéristes de droite et ceux de gauche?
    Comment ne pas voir les appétits féroces que les candidats aux fonctions de dirigeants montrent, est-ce que l’intérêt national passe avant leur carrière? Est-ce que la classe politique tous confondus (Sénat,Assemblée Nationale, hauts fonctionnaires…) sont prêts à montrer l’exemple et réduire leur train de vie exorbitant, choquant, leurs privilèges? Est-ce que la gauche est plus vertueuse que la droite? Est-ce que la collusion entre le pouvoir politique, la finance et les journalistes va s’arrêter demain? Autant de questions qui font que l’on peut s’interroger sur la capacité ou la volonté de la gauche de mettre un coup d’arrêt à ce juteux système.
    Qui peut dire aujourd’hui qu’un gouvernement de gauche ne fera pas ce que lui commandent les instances Européennes ou le FMI, les différences avec la droite se feront à la marge, peut-on parier que ce que la droite a fait ou défait (retraites, démantèlement de la fonction publique,libéralisation du marché…) la gauche n’y touchera pas ou si peu. Une autre voie est sans doute possible mais il y faut la volonté des élites et nous ne voyons pas aujourd’hui ces élites en prendre le chemin

  • Philippe GAME said:

    Si l’on ne prend rien parmi « l’offre » « politique » proposée (à défaut de l’élu de son coeur), l’autre en face vote à ma place ainsi, sans confondre le drapeau avec celui qui le porte, il faut malgré l’imperfection qui est bien de ce monde, porter au pouvoir l’idée de gauche, d’une respiration nationale, même si elle est un peu amochée à l’arrivée, bonheur et libération ce qui sera toujours « moins pire » que cinq années supplémentaires gouvernées par les habitants de Neuilly, St Trop, Fouquet’s, la City, W Street et Cie !
    A ceux qui cherchent avec ironie un programme à gauche dont ils regrettent l’absence – disent-ils – je réponds que le simple fait d’arrêter, brutalement, tout ce qui est en route depuis qq années et accéléré depuis 2007 – puissance mille, sera bien moins douloureux pour la France, que prolonger cet horrible Monopoly qui se joue sous nos yeux, les mains derrière le dos… JFK avait nié à l’UMP d’être gaulliste (Fillon Séguiniste, pas possible ?) et plutôt comparé l’actuelle France – les nazis et les crimes en moins – à celle du Maréchal (La Révolution Nationale)… parfois, on se demande (les juges, le népotisme, les Roms, la laïcité « dépoussiérée », la force, le bricolage de la Constitution, les lois de circonstances, la répression des petits, la mansuétude ailleurs, etc…)

  • franlug said:

    Est-il possible d’insister sur le fonctionnement du système financier actuel? Ces explications permettraient de comprendre pourquoi il est si difficile de changer les choses.
    Plus la dette augmente et plus les financiers s’engraissent. Plus c’est incertain et plus le taux augmente. Ce système pervers n’est pas réguler. Tant que les banques centrales seront tributaires du marché, cela ne risque pas de changer. Un peu de formation à la systémique pour contrer les feed-back qui entrainent résonance , emballement, crise…
    S’indigner devant cette situation ? Voir les gouvernements totalement dépendants des agences de notation, en train de revoir leur copie…
    Qui commande ? Ceux que nous avons envoyé au pouvoir politique. Ceux-ci sont des conservateurs. Ils veulent que peu de chose change. Ils sont à notre image. Nous avons ce que nous méritons.

    Voilà un éclairage, voilà pourquoi il est si difficile de changer ce système.
    Continuez à expliquer, éclairer et votez pour le changement radical.

  • ROBBE said:

    Si j’ai bien compris, pour récupérer le fruit du « hold up » il suffit d’annuler la dette au profit des salariés et des chômeurs.
    Point barre .
    Je m’en vais décidément cultiver un potager pour espérer avoir quelque chose à manger demain…

  • Padre said:

    Ne s’agit-il pas plutôt de donner à chacun un Revenu Minimum pour une Existence Décente et une Activité Socialement Utile. Travail, emploi sont des catégories qui masquent le fait qu’il s’agit en fait d’exercer une activité qui se doit d’être socialement utile.

    En recourant à cette formulation, on recentre le débat autour de l’idée de contribution de l’individu au fonctionnement harmonieux du groupe social. Elle est ainsi débarrassée de ces notions encombrantes et paralysantes de travail et d’emploi. Ces notions obèrent la réflexion en la contraignant dans un carcan hérité du paradigme remis en question par la crise qui sévit planétairement à l’heure de sa mondialisation, c’est-à-dire de son application généralisée à la terre entière !

  • Milcent said:

    Ces articles sont passionnants. Il faudrait les lire et les faire lire à tous.

  • CHRETIEN Pascale said:

    Monsieur Larrouturou, Bonjour !

    Difficile de se trouver une place sur l’échiquier politique quand on semble avoir compris, comme vous, où se situait exactement le combat à mener.
    Des gens qui « pensent », qui écrivent, ou qui disent…, il commence à y en avoir beaucoup. Ce n’est donc pas d’absence « d’informations concrètes » que nous souffrons tous. Mais bien davantage du peu de gens qui s’engagent réellement dans ce combat politique. Et dans un combat politique sincère, personne n’a généralement de mal à trouver sa place.
    En lisant tout, toutes philosophies politiques confondues, les seuls, je dis bien « Les seuls » à COMBATTRE POLITIQUEMENT le système financier actuel- pas simplement à le dénoncer ou à s’en indigner- et qui proposent -de longue date- de revenir au principe du « Glass-Steagall de Roosevelt » se trouvent à Solidarité et Progrès auprès de Jacques Cheminade.
    http://www.solidariteetprogres.org/
    Ici, pas de calcul « politicien ». Des actes. Et des actes cohérents !
    Pour que leur deuxième pétition ait récolté aussi peu de signatures d’élus politiques depuis sa mise en ligne, faut-il que tant de « penseurs » pensent s’en tirer via quelques aménagements qui les dédouaneraient de prendre le moindre risque pour eux-mêmes ???… Sauf que c’est à toute la Société qu’ils en font prendre bien davantage, en tergiversant, vue la marche accélérée des événements amenés à devenir de plus en plus violents si les Politiques ne se ressaisissent pas radicalement.

    Le Système, lui, dans sa chute, sera capable de TOUT pour ne rien perdre au détriment des populations qu’Il ne voit même plus puisqu’Il pense les avoir « asphyxiées », via l’accélérateur de mensonges dont les Politiques au Pouvoir se sont emparés afin de ne RIEN perdre de leurs « acquis », eux non plus … Hormis leur propre RAISON !
    Monsieur Larrouturou, vous êtes élu, vous-mêmes, non ? – Vous êtes donc en sacré danger de perdre vous aussi la « Raison »!

    Alors, puisque nos propres comportements « Citoyens » ne suffisent manifestement pas à donner tort à tous ces « élus du système », qu’en sera-t-il de la Puissance Humaine qui est en nous et dont le réveil ne demande qu’à sonner.

    Mais, Monsieur Larrouturou, de là à penser que passer par la case « EUROPE-ECOLOGIE-LES VERTS » soit le plus court chemin pour arriver au retour EFFECTIF du Glass-Steagall ?… EUH… ?

    Au fond, je n’ai peut-être pas tout compris de la philosophie politique des « VERTS ». Qu’est-ce donc qu’un Humain pour un « VERT » ?

    Cordiaux encouragements à tenter d’y voir plus clair.

    Pascale Chrétien

  • fontaine said:

    il faut agir, des millions d’individus sont en danger, je suis cependant étonnée, ils n’ont pas vu qu’il couraient droit dans le mur ? … je propose une campagne de propagande, à lancer, du style : les pensionnés qui veulent aider les familles en détresse peuvent habiter avec ces familles dans leur maisons qui ont été confisquées par non paiements des traites d’achant ou de louage, que sais-je, il y en a plus d’un je pense, qui serait content d’aller vivre en Amérique, ce n’est qu’une proposition, il doit y en avoir d’autres si l’on cherche bien, c’est le moment c’est l’instant d’avoir l’esprit inventif et surtout moins rigide.

  • Paulochon said:

    Un premier point, c’est que l’histoire n’est pas morale. Si elle l’était, les jacqueries paysannes ou les révoltes d’esclaves auraient triomphé. En fait les sociétés ont souvent été très inégalitaires, et beaucoup plus que maintenant, et sans dommage pour elles. Donc, s’indigner, prôner le partage du temps de travail ou dire que la réduction des inégalités peut résoudre les problèmes de la société paraît bien illusoire.

    En revanche, les crises actuelles sont de pures crises de l’économie marchande et elles montrent bien que ce qui pêche dans le système actuel, c’est son instabilité. Auparavant, on pouvait imputer les crises à des événements historiques, politiques ou autres. Les crises actuelles sont sont des crises systémiques pures et elles démontrent que c’est le système qui ne marche pas tout seul et qu’ij a besoin des états pour fonctionner. Sous quelle forme? Les politiques et les économistes, qui ont l’air bien incultes confondent règlementation et régulation et proposent comme régulation ce qui n’est au juste que règlementation, bancaire, temps de travail ou autre. Il me semble qu’imposer des règles à un système ne modifie pas son caractère instable, et c’est pourtant ce que tout le monde propose.

    Contrairement à la règlementation, la régulation peut stabiliser un système car elle est active, elle agit dessus. Il y en a de deux sortes, structurelle par exemple du type taxe Tobin qui crée de la viscosité et modifie donc le système ou par commande. Cette dernière est vieille comme le monde, on la trouve déjà dans la Bible : pour contrer un cycle économique, Joseph et le Pharaon ont joué à contre-cycle, constituant des stocks en période de vaches grasses et les vendant en période de vaches maigres. Ce faisant, ils lissaient le cycle, faisaient barrage à la crise alimentaire et cassaient la spéculation. C’est ce qu’on peut appeler de l’anti-spéculation et c’est sans doute la seule méthode pour stabiliser et par là-même moraliser le capitalisme. Il faut pour cela des états forts et des banques d’état fortes. C’est ce qui se fait en dernier ressort et de façon honteuse lorsque par exemple la BCE rachète de la dette (acheter à la baisse) ou quand l’état crée des emplois aidés (soutien du marché du travail). Ce qu’il s’agit, c’est de faire cela non plus de façon honteuse, mais de façon systématique et consciente. C’est à mon avis la seule façon d’éviter la catastrophe et en même temps, cela comporte naturellement un volet moral qui est donné de surcroît, gratuitement et sans moralisme.

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