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IG Metall demande la semaine de 26 heures

12 février 2010 lu 1 632 fois 1 commentaire

IG Metall, qui négocie pour 3,4 millions de salariés de l’industrie, a annoncé mardi 9 février qu’il démarrerait les négociations collectives de branche avec deux mois d’avance sur le calendrier et surtout sans revendications salariales : « Nous ne voulons pas que la crise se transforme en catastrophe sur le front de l’emploi » a expliqué Bertold Huber, le pragmatique patron de l’IG Metall, pour qui l’objectif premier est de signer un accord sur la sécurité de l’emploi jusqu’en 2012. Les patrons du secteur n’ont pas manqué de saluer l’annonce et ont promis eux aussi des « négociations rapides ». Même en Allemagne, berceau de la cogestion, on a rarement vu une telle « entente » entre syndicats et patronat.

L’union sacrée formée par les partenaires sociaux de la métallurgie donne une indication sur la situation actuelle de l’industrie allemande. En moyenne, celle-ci a connu un recul de 30% de sa production en 2009. Cependant, sur la même période, les entreprises industrielles n’ont réduit leurs effectifs que de 5%, notamment grâce à l’utilisation massive des mesures de Kurzarbeit (travail à temps réduit). La durée moyenne du travail est aujourd’hui de 27,1 heures en Allemagne (sans compter les chômeurs).

En l’absence d’une reprise rapide, et alors qu’une grande partie des aides gouvernementales versées au titre du Kurzarbeit doit être supprimée à la fin 2010, beaucoup craignent des licenciements massifs.

Face à cela, l’IG Metall mise tout sur le maintien de l’emploi. Les partenaires de la métallurgie envisagent donc de négocier avec le gouvernement la possibilité de réduire la semaine de travail à 26 heures, avec compensation salariale partielle et une prise en charge des cotisations sociales par l’Etat.

En 1997, IG Metall avait fait de la semaine de 32 heures sa principale revendication mais le bilan mitigé des lois sur les 35 heures en France avait assez rapidement enterré le débat sur le temps de travail.

En juin 2009, la CES, Confédération Européenne des Syndicats, relançait le débat sur un meilleur partage du temps de travail. Le 7 janvier 2010, c’est le plus grand syndicat belge, la FGTB, forte de 1.400.000 adhérents, qui demandait l’ouverture de négociations sur la semaine de 4 jours. En 2010, la crise va nous obliger à ouvrir de nouveau le débat sur le temps de travail.

Sources : AFP, Expansion, Libération, FGTB

Un Commentaire »

  • Claudius said:

    La semaine de 35 heures n’a pas eu les effets escomptés parce qu’on n’a pas été assez loin. il aurait fallu tout de suite passer à la semaine de 32 heures sur 4 jours pour provoquer un choc dans les habitudes et créer ainsi une véritable dynamique de créations d’emplois.
    Ensuite, dans la foulée, il fallait négocier le passage à terme à la semaine de 24 ou 27 heures (sur 3 jours) en acceptant une semaine de 6 jours travaillés. Le supplément de productivité du à ce jour supplémentaire et à l’éventuelle heure journalière en plus, associé à la relance d’une consommation allant de pair avec le temps libéré, avec éventuellement un blocage des salaires ou une diminution des augmentations prévues aurait largement compensé les coûts supplémentaires. Sans compter la diminution de la facture « chomage » et l’augmentation mécanique des prélèvements sociaux.

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